jeudi 3 avril 2014

Retour en France, 1889

Un cahier, utilisé principalement pour la compilation de textes de chansons plus ou moins paillardes. dont certains semblent avoir été écrits par Nicolas Jean Baptiste et ses camarades, nous presente les details du voyage de retour aprés deux ans passés en Guyanne, semble-t-il a monter la garde sur differentes iles de la région.

Hélas, pour l'instant, nous n'avons trouvé aucune trace d'autres lettres ou d'un possible journal relatant cette période. (Le recit du voyage aller se trouve ici)


Croquis extraits du cahier de chants
Brouillon de lettre à un camarade resté en Guyanne (extrait du cahier de chants).
Embarqué à Cayenne le 3 avril 1889, sur le paquebot Le Vénézuéla à 5 heures du soir. Passé aux Illes du Salut le 3 à 11 heures du soir.

Arrivé à Suriname, le 4 avril à 3 heures du soir, Sorti à 6 heures du soir.

Arrivé à Démérano, le 6 à midi. Stoppé 3 heures.

Arrivé à Trinidad le 8 à 6 heures du matin, Sorti à 3 heures du soir.

Arrivé à la Martinique, le 9 avril à .. heures du soir.

Embarqué, le 11 avril sur le paquebot La France, à midi. Stoppé à St Pierre Miquelon à 5 heures du soir le 11 avril.

Stoppé à Basse Terre le 12 à 2 heures du matin. Arrivé à Pointe à Pitre, le 12 à 9 heures du matin.

En vue des Iles Açores le 20 avril à 6 heures du matin.

En vue du phare de Belle-Île, le 24 à 9 h 1/2 du matin. En vue des côtes de France le 14 à 10 heures. En rade à 11 heures. Au bassin à 1 heure du soir. Débarqué à 3 heures du soir à St Nazaire. Stationné en face le café des 4 nations. Pris le train à 9 heures du soir. Changé de train à Nantes à 11 heures.

Changé de train à Tour à 6 heures du matin. Changé de train à Vierzon. Arrivé à Brouges à midi. Arrivé Clermont à 5 heures du soir.

Pris le train le 26 à 6 heures du matin. Arrivé à Nîmes à 6 heures du soir.

Arrivé à Marseille à 6 heures du matin. Arrivé à Toulon, le 17 avril à 11 heures.


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lundi 24 mars 2014

Traversée pour Cayenne, 1887

Pour vous fair patienter un peu, je voudrais partager avec vous une autre decouverte faite dans de vieux papiers familiaux. Cela consiste en quelques pages volantes, en fait une lettre à un destinataire inconnu, qui relatent le voyage fait par mon père, Nicolas Jean Baptiste, lorsqu'il fut envoyé à Cayenne (Guyanne) oû il passa deux ans en tant que membre du 4eme Régiment d'Infanterie de Marine, ayant commencé son instruction militaire le 7 décembre 1885. 
Extrait du carnet
militaire de mon père.

Ceci malgré que le conseil municipal de Vaux sous Aubigny ait accepté, au début de l'année 1885, "d'intervenir auprès de Mr le Préfet et MM les members du conseil de révision pour les prier de bien vouloir maintenir dans ses foyers le dit Chinardet Nicolas Jean Baptiste," conscrit de la classe 1884,  "comme soutien indispensable de sa famille."

Plusieurs plans et cartes sont aussi inclus, dont un croquis montrant la position de trois iles (l'Ile Royale, l'Ile St Joseph et l'Ile du Diable) ainsi qu'un "endroit pour le mouillage".

Tout commence à Toulon, il y a 127 ans exactement: 


Il faut que je raconte un peu ma traversée car je crois que sur ma première lettre je ne vous en ai pas parlé.

Le 24 mars 1887 à 5 heures du matin, sorti du quartier de Missessy. A 7 heures, l’appel à la Caserne du Mourillon. A 8 heures, embarqué sur le remorqueur No 12, qui me conduit sur l'Orne.: toute cette journée est consacrée aux préparatifs de départ.

Le lendemain, 25 mars, à 2 heures de l'après midi, départ. Un vent nord-est, nous pousse en pleine mer. A 6 heures du soir, les côtes de France ont disparus à mes yeux et le mal de mer me chicane. On est dans le golfe du Lion. A 8 heures, le bâtiment est assailli par un affreuse tempête qui nous tient entre la vie et la mort, jusqu'à 6 heures du matin, 26 mars. Pendant toute la nuit, les vagues viennent se briser sur le point et passent par-dessus, le bâtiment parcout jusqu'à 1000 mètres, couché sur le côté sans se relevé, se jette de l'autre et ainsi de suite, l'eau inonde les batteries. Enfin, le jour paraît et la mer se calme avec le vent.

Le 27 mars, temps et mer calme. A 4 heures de l'après-midi, on passe à deux cents mètres des Iles Baléares, où se trouve un magnifique phare.
Le 28, vent fort, mer agitée. A 11 heures passage dans le golfe de Valence.

Le 29, mer agitée, temps brumeux. A 10 heures, on aperçoit les côtes d'Afrique. A 1 heure de l'après-midi, passe au détour de Gibraltar. A 3 heures on longe la côte du Maroc.

30 mars, mer agitée par un fort vent d'ouest.

31 mars, mer agitée par un fort vent Nord-ouest.

Le 1er avril, un grain nous bouscule à 8 heures du matin, le soir le vent tombe et la mer devient calme.

Le 2 avril, temps et mer calme.

Le 3 avril, vent d'est, mer houleuse. A 10 heures du soir, on aperçoit la terre à tribord. A 11 heures, on mouille au pied du Ténériffe, dans la rade de Santa-Cruz de Ténériffe.

Le 4, on fait provision de charbon, eau et vivres. Le soir à 5 heures, on lève l'ancre par un temps calme.

5 et 6 avril, temps et mer calme.

Le 7, orage avec accompagnement de tonnerre, à midi 40 degrés de chaleur.

Le 8 et le 9, mer calme, petit vent d'est.

Le 10 Avril, jour de Pâques, vent d'est très fort, chaleur lourde et accablante : à midi, 43 degrés de chaleur, le soir à l'appel, on commence la fête du tropique.

Le 11, temps calme. On célèbre la fête du tropique.

Les 12-13-14-15-16-17, mer calme, temps lourd et orageux.


Le 18 et le 19, un roulis épouvantable, occasionné par les lames de fond, bouleverse le bâtiment.

Le 20, vent fort, mer houleuse.

Le 21, pluie avec temps calme.

Le 22, temps et mer calme.

Le 23, à 5 heures du matin temps orageux, à 9 heures on apperçoit la terre à babord. A 11 heures on voit les Iles du Salut, à 2 heures de l'après-midi, on arrive au pied de ces Iles, où on mouille.

Le 24, on débarque les condamnés et les conduits à l'Ile Saint-Joseph, où il y a un établissement pénitencier.

Le 25, à midi, le pilote vient monter à bord pour nous conduire à Cayenne, on en est encore à 50 lieues. Le soir, à 6 heures on débarque de dessus l'Orne, pour monter sur des chalands, traînés par un remorqueur: le Yapock, l'Orne ne pouvant pas approché la côte, à cause du courant et des rochers qui s'y trouvent. Enfin, à 7 heures, le remorqueur se met en marche, l'amarre qui tenait un des chalands casse et nous voilà parti au gré du courant et des vagues. A l'aide d'une lanterne nous faisons des signaux et le remorqueur nous ralie.

Le lendemain, 26 mars, après avoir passé la nuit à la disposition des vagues on arrive à Cayenne. Un seul cri: TERRE.

Conservez moi, s'il vous plait ce petit relevé.


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mardi 21 janvier 2014

Permettez-moi de me présenter

Né à Percey-le-Pautel (Haute-Marne, 52) le 21 octobre 1895, je suis le fils de Nicolas Jean-Baptiste Chinardet et de Marie Anaïs Camus, domiciliés à Vaux-sous-Aubigny (Haute-Marne).

Je ne suis pas encore marié. Ca viendra plus tard, en 1925, lorsque j'épouse Angèle, qui me donnera deux enfants : Louis (1926) et Jeanne Marie (1929). Je suis menuisier.

Le 19 Décember 1914, je suis appelé sous les drapeaux pour prendre part à la "campagne contre l'Allemagne" : ce qui devriendra la Première Guerre Mondiale.

Destiné a l'artillerie, je suis desormais cannonier 2ème classe de la classe de 1915, matricule 621.

Mon livret militaire me décrit comme ayant les cheveux chatains, les yeux bleus, le front "moyen fuyant", le nez "rectiligne gros" et le visage rond. Je mesure 1m69.

Le livret indique aussi que je sais lire et écrire et que j'ai mon certificat d'études primaires. Je ne sais pas nager.

Mon instruction militaire commence le 25 Décembre 1914 à la 64éme batterie du 12ème Regiment d'Artillerie de Campagne, à Fontenay.

Bien que mon instruction soit jugée "suffisante pour que l'homme soit mobilisable le 1er Mai 1915", mon départ pour le front ne s'effectue que le 13 Août.

Le 14 Août, je commence a rédiger mes carnets de guerre.

Le 17 Août, j'arrive à Blénod-lès-Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle, 54) où je suis versé à la 23ème batterie, qui est cantonnée dans une briqueterie.

Le 20 Mars 1916, je passe à la 32ème batterie du 37ème RA. Cela ne dure que quelques mois, jusqu'en Juillet, où je rejoins la 128ème section du 62ème RA.

Le 17 Juillet 1918, je suis affecté à la 128ème section du 63ème RA, mais en Septembre, atteint de "mauvais état général consécutif à une broncho-pneumonie grippale", je suis déclaré comme ayant besoin de repos et je reste en convalescence à Bouxières-les-Dames jusqu'au 20 Février 1919. Je suis démobilisé à Metz le 13 Septembre 1919.

Le 29 Septembre 1938, je serai "rappelé en éxécution de l'article 48 de la loi du 31 Mars 1928", et renvoyé dans mes foyers le 8 Octobre 1938.

Après avoir été de nouveau mobilisé le 14 Avril 1939, je suis rapelé à l'activité le 26 Août 1939, affecté à la 170ème batterie du 3ème Régiment d'Artillerie de Défense Contre Aéronefs, et "dirigé sur le dépot du 420 à Toul, le 18 Novembre 1939".

Je serai sous-Lieutenant commandant le Corps de Sapeurs-Pompiers de la commune de Vaux-sous-Aubigny de 1928 à la fin des années 50, où je serai remplacé par Louis. Je succédais moi-même à mon père.


mardi 16 juillet 2013

Une photo de mes carnets

Les voici donc ; quatre carnets d'une écriture fine et parfois difficile à lire (une batterie d'artillerie n'est pas toujours la meilleure place pour écrire), le tout agrémenté de quelques dessins et plans.
 
Les trois premiers carnets ont une soixantaine de pages chacun tandis que le dernier, des feuillets brochés, est plus court avec seulement une vingtaine de pages. Ils couvrent la période du 14 Août 1915 au 18 Février 1919.

lundi 15 juillet 2013

Un rendez-vous pour commémorer la Grande Guerre

Une bonne vingtaine d'année après ma mort en 1970, mon petit-fils Nicolas, un jour, fit la découverte de quatre calepins à l'apparence anodine.

Mais leurs pages, couvertes d'une écriture serrée en encres de différentes couleurs, parfois difficile a lire, étaient en fait le journal que j'ai tenu de mon expérience d'artilleur durant la première guerre mondiale ; depuis mon voyage vers le front, après ma formation militaire, jusqu'à mon départ de Metz, après ma démobilisation in Septembre 1919.


Aussi découverte par ce petit-fils, une modeste collection de photos prises durant les deux dernières années de la guerre, après que je me sois construit mon propre appareil photo.

Ces découvertes étaient apparues à Nicolas comme d'une certaine importance historique et l'idée d'un jour publier le contenu de ces carnets était toujours présente. Plusieurs tentatives, plus ou moins fructueuses, ont été faites au court des années pour transcrire mes textes. La manière de la publication de ce journal était aussi un problème.

Finalement, Internet et le format du blog sont arrivés et semblent être le médium naturel pour présenter mon travail à un public aussi large que possible.

Et l'arrivée des commémorations du centenaire de la guerre 14-18 est une occasion trop bonne pour la laisser passer de publier ce journal au jour le jour, suivant le même rythme que celui de son écriture.

J'espère que ma modeste contribution aidera certain à mieux comprendre ce que des milliers de jeunes hommes ont pu vivre pendant les long mois qu'a duré la guerre.

Mes carnets commencent le 14 Août 1915 alors que je suis en transit vers la Meurthe-et-Moselle et le front. Je vous donne donc rendez-vous, cent ans, jour pour jour, après ce jour crucial : le 14 Août 2015.

En attendant, n'hésitez pas à vous abonner ou vous inscrire pour recevoir des emails (dans la colonne de droite) lorsque les entrées commenceront à être publiées. Vous pouvez aussi me suivre sur Twitter ou Google +.

J'ai d'autres documents inédits a vous faire partager qui, je l'espère seront intéressants.